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La Poémienne

Recueil de Poésie

Yellow Flowers Sky_edited.jpg

Langevin

Bribes d’eau

Soleil brumeux

Roches sonores

Vert incandescent… 

Sentir la vie tel un joyau

Être dans l’état amoureux

Comme fleur qui vient d’éclore 

Y croire encore, vivre au présent 

Dénuée de tous mes oripeaux

Je fredonne un air Joyeux

Et tinte le chant de l’oiseau d’or

Qui me rappelle aux doux amants

 Jouir du moment avec brio

A chaque instant, seule ou à deux

Et plus que tout, sache que j’adore

 Le bruit des cœurs aux corps tremblants

Fleurs d'oranger

Les Épiphytes

Ils baroudent de travers en lointains

Navigant sans répit à la recherche d'eaux claires

D'une terre, d'un peuple, de coeurs

Qui sauraient accueillir leurs solitaires destins

 

Point qu'ils ne soient de nulle part

Ils savent pourtant qu'ils sont d'ailleurs

Les épiphytes ressentent bien

Que posséder l'autre n'est rien

 

Leur vie forte de saltimbanques

Les amène à fructifier leurs richesses internes

Oui ceux-là sont bien au dessus du rêve obscur des banques

 

Et s'ils passent pour gens de rien

Bien à raison de croire

Qu'un zéphir bienveillant les dépose

Un jour, un beau matin, un soir miroir

Sur un atoll fécond, paisible et chaleureux

 

Et qu'enfin leurs racines d'or des fous

S'enroulent de liens tant heureux que si doux

Gros plan sur une fleur de cerisier

Alger ma Blanche

Les façades blanches de chaux

De mon Alger natale

Òu les moucharabiehs savamment sculptés

Et les persiennes entre-ouvertes aux effluves de menthe

Reflètent une chaleur si étourdissante

Que l’ambiance y devient secrète, mystérieuse, sulfureuse…

 

Et il y a ces parfums de bois et ocres

Qui surplombent la misère du cœur de la Casbah

 

L'eau de fleur d'oranger et le citrus frais,

Les épices et le miel dans une fusion sacrée

Ont offert à mes jours une essence passionnée

 

Seule la vie sait, si un jour j’y reviendrais

Fleurs d'iris pourpre

En Sursis

Comme le Soleil levant au cœur d’une ritournelle

Comme un doux sentiment, animé d’essentiel

Comme une danse gracieuse offerte à qui la veut

Un tourbillon de vie au corps voluptueux

Un comète, une fractale, un rêve qui nous émeut

 

Aux agapes frugales arrosées de bon vin

Sur cette immense plage à la beauté sans fin

Ta silhouette apparaît au détour d’une vague

 

Comme un panda, un tigre, un loup, un lémurien,

Un beau livre précieux aux pages lissées d’or fin

S’ouvre au vent et balaye le temps de son histoire mythique

 

Je n’attends même plus …

 

Je respire chaque seconde comme un cadeau sans prix

Un roman fantastique

Comme un souffle

Un sursis

Gros plan de fleurs orange

Les Pélicans

Il est une île où volent les pélicans

Dans leur grande poche buccale

Ils transportent les plus beaux messages

Attrapés au vol dans les vapeurs-nuages de rêves Amérindiens

 

Ils se posent alors sur des berges inconnues

Attirés par des odeurs terriennes de fumées pailletées

Émanant autour d'un feu transcendantal

Où l’on boit du maté à la cannelle pimentée

 

Et alors… que,  dans les champs des possibles

 Les rouleaux de foin sec s’illuminent

Au petit matin,

Dans la lueur rose pâle et jaune diaphane du levant

C’est la célébration d’une toute nouvelle journée

 

Alors, les Pélicans s’en retournent vers les vagues puissantes

D’un grand large lointain poissonné d’écailles argentées

Cerisier

Les Tendres Clairières

Quelles sont donc ces forêts inconnues

Ces endroits verdoyants que l’on foule les pieds nus

Où le soleil transperce à travers les feuillus

Les mystères que la terre cache sous ses moussus,

 

Un battement de cœur

Il est immense et fort

Il résonne à toute heure

Déploie la vie trésor

 

Nous reviendrons aux tendres clairières

Pour bâtir nos maisons du peuple Libre

Nous aimerons bientôt sans regarder derrière

La vie nouvelle qui déjà en nous vibre

Champ de fleurs jaunes

Le Jardin sans âge

Sous les tonnelles de fer forgé

Rouillées par le souvenir indélébile d’un jardin sans âge

Se délectant les narines de délicieuses essences florales

On se prépare à une belle sieste

 

Au réveil, c’est comme la réminiscence d’un rêve doux

 En est resté la délectable fragrance que laissent les roses sur leur sillage

Et l’on se pâme alors devant ce parterre d’arômes blanc irisé

On s’étourdit des bouffées folles d’un jasmin crémeux fatal

 

Des embruns vaporeux nous accueillent au bout de cette promenade

Nous rappellent qu’en ces eaux tranquilles et limpides

Flottait le souvenir d’une élégante naïade

 D'une grâce fraîche insaisissable,  pétillante de Vie

Fleurs d'orchidées roses

Les Capelines

Le charme désuet des robes fleuries d'antan

Surmontées de grandes capelines de sisal

Fait encore supporter aux dames ensoleillées

La brûlure du temps que rien n'arrête

 

Un ti senbon, coquetterie des dimanches

Apporte à la vie un sens simple et sincère

Où les vraies connexions que l'on aime à connaître

Sont celles à la terre, au vent et à la pluie

 

Et rien n'est plus fort que cela

Mis à part le volcan qui flamboie son magma

Ou les pleurs amères que chassent les bons repas

 

Était-ce avant ? Avant quoi ?

 

Avant le règne sombre de ce rectangle noir

Qui soude à chaque main des stories chronophages

Qu'une humanité folle s'oublie, oublie les siens

Puis enfin se réveille du rêve appesanti

Se libère du dicta, des monstres sans foi ni lois

 

Les fleurs s'imprimeront de nouveau en nos coeurs

Aujourd'hui même ou au plus tard demain

Car sous les belles capelines de nos îles enchanteresses

C'est toute l'histoire du monde

Où renaître la joie

Gros plan d'une fleur violette

​Échappée du troupeau

J’ai rêvé de chevaux sauvages

Un troupeau immense qui courrait en symbiose

Dans des steppes désertiques imprégnées du bruit sec et sourd

De leur mille sabots tambourinant la terre.

 

Echappé droit devant

Un superbe alzan survolé d’un faucon blanc

Galopait si vite et si gracieusement

Qu’il semblait décoller vers le loin firmament

Sa crinière volant au vent 

Était comme finement peignée par les mains d’ un enfant prodige

Je l’appelais en pensée

Par un cordon scintillant me reliant à lui

Et voilà qu’il m’entendit et s’approcha de moi

 

 

«  Cheval, dis-moi… 

Est-ce possible pour nous humains de vivre ta fabuleuse liberté ? »

 

Alors venant plus près encore, il me murmura à l’oreille :

 

«  Oui c’est facile…

Avance un pas après l’autre et chasse la peur très loin de toi »

Fleurs orange et blanches

Les Caresses dans le dos

Les caresses dans le dos

C’est une promesse ensommeillée

         Qui vous effleure d’un air fripon 

 

Les caresses dans le dos

       C’est la musique des papillons

 Qui enlumine le réveil

 

Les caresses dans le dos

C’est le bonheur furtif

De ta douceur sur ma peau

 

Une ode tendre

Une joie feutrée  

Fleurs de pivoine rose

La Matrice aux Merveilles

Clique la rose et dame fruit

Rime la prose au roi fortuit

 

         J’entrevois comme sous hypnose

        Entre des portes à demi closes

       L’impudeur de scènes que j’ose

       N’avouer qu’en anamorphoses

 

      Imbrique ton rêve sans aucun bruit

      Brille soleil, goûte la vie

 

Et dans la matrice aux merveilles

Explore la joie d'être en éveil

Plonge dans tes sens, ton Âme vermeil

Aime au-delà de tout conseil    

Champ de fleurs coloré

Ni Bien ni Mal

Je ne voulais rien faire

Ni bien, ni mal

Je  voulais juste enfin me plaire

Avancer dans la vie comme en rêve allégé

 

Et voilà qu’un jour on se bute

Face au mur cellulaire de nos peurs ancestrales

Et le cœur ébahi tressaute de mille culbutes

 

Quand reviendront les rires ?

L’insouciance du présent

La fortune magistrale des beaux amours d’ enfants ?

 

Peut-être est-ce là l’intérêt de l’histoire ?

De ne rien vouloir faire

Ni bien, ni mal

Et surtout arrêter de s’entêter à plaire

 

Ni à toi, ni à eux et ne serait-ce qu’à moi

Pour avancer sereine sans plus se retourner

Pissenlits dans le champ

La Maison au rêve d'Argile

La marche initiatique dans les grands bois humides

Suggère aux narines la magie olfactive d’un encens de benjoin

Qui brûle lentement dans l’imaginaire de ma maison en terre

 

Le linge y est toujours propre, parfumé de vétiver

Et dans la cheminée, quelques clous de girofle ajoutés à la buche

Donnent un charme atypique à ma belle demeure

 

Un simple tissage de laine pure 

Adoucit la plaisante sensation de fraîcheur douce

Des soirs étoilés, quand la rosée s’étend

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